Revue de presse

Références et liens externes sur le sujet de la singularité.

Extrait du livre « Les innovateurs » de Walter Isaacson

17 juillet 2016.

Walter Isaacson brosse une histoire du numérique, que je trouve très pertinente, dans son livre « Les innovateurs » (2015), et qui amène, bien-sûr, à des pensées assez profondes et informées sur la question de « La singularité », qui est explicitement traitée en conclusion.

En voici un extrait, qui à mon avis, éclaire le sens de ce projet transmédia « La singularité » :

Les gens qui aiment les beaux-arts et les sciences humaines devraient essayer d’apprécier comme Ada les beautés des maths et de la physique. Faute de quoi ils ne seront plus que des passants échoués à l’intersection des lettres et des sciences, là où se produit l’essentiel de la créativité de l’ère numérique. Ils abandonneront le contrôle de ce territoire aux ingénieurs.

Bien des gens qui célèbrent les lettres et les sciences humaines et applaudissent vigoureusement les témoignages de leur importance dans nos écoles proclament sans vergogne (et parfois même en plaisantant) qu’ils ne comprennent pas les maths et la physique. Ils portent aux nues les vertus de l’apprentissage du latin, mais ils sont perdus dès qu’il s’agit d’écrire un simple algorithme ou de distinguer le BASIC de C++, Python de Pascal. Ils traitent de boétiens les gens qui confondent Hamlet et Macbeth, mais peuvent allègrement avouer qu’ils ne savent pas la différence entre un gène et un chromosome, un transistor et un condensateur, une équation intégrale et une équation différentielle. Ces concepts peuvent paraître difficiles. Certes, mais Hamlet l’est aussi. Et, comme Hamlet, chacun de ces concepts a sa beauté. Telle une élégante équation mathématique, ils sont l’expression des splendeurs de l’univers.

[...]

Mais, de plus en plus, des plates formes, services et réseaux sociaux nouveaux offrent des possibilités inédites à l’imagination individuelle et à la créativité collaborative. Les jeux de rôle et le théâtre interactif fusionnent avec des formes collaboratives de narration et de réalités augmentées. Cette interaction entre la technologie et les arts finira par produire des formes d’expression et des formats médiatiques totalement nouveaux.

Cette innovation viendra de gens capables d’associer la beauté à l’ingénierie, l’humanisme à la technologie et la poésie aux processeurs. Autrement dit, elle viendra des héritiers spirituels d’Ada Lovelace, de créateurs aptes à s’épanouir là où les arts et lettres rencontrent les sciences, et dotés d’un sens de l’émerveillement rebelle ouvert à la beauté des uns et des autres.

The conversation : « Quand l’émotion viendra aux robots »

27 juin 2016.

Les machines et les robots sont capables de mimer des émotions, mais pourront-elle ressentir des émotions comme nous autres êtres vivants ? Cela semble à priori impensable, et même de façon anthropologique contre nature, car ce qui semble distinguer le vivant du mécanique est, entre autres, la capacité de ressentir vraiment quelque chose, ce qui serait le privilège des être vivants, donc dotés d’une « âme ». Mais encore faudrait-il définir précisément, dans le vivant, ce que sont les émotions, au niveau de nos capteurs biochimiques. Le nombre de capteurs des machines augmentant de façon exponentielle, la distinction pourrait être de plus en plus difficile à faire.

Cet article de Jean-Claude Heudin a le grand mérite d’ouvrir le sujet, même si c’est de façon partielle.

Lire l’article « Quand l’émotion viendra aux robots » sur le site The Conversation.

Kurzweil news : « Real-time robot-motion planning »

21 juin 2016.

Les robots sont, pour le moment, relativement lents lorsqu’il s’agit d’adapter leurs mouvements à l’imprévisible du réel. En effet, les calculs nécessaires pour analyser l’environnement et prendre des décisions sont très importants. La puissance de calcul augmentant sans cesse, on peut, bien-sûr, voir la vitesse de traitement s’accélérer, mais cela consomme aussi de plus en plus d’énergie, donc pose des questions d’autonomie. Une équipe de l’Université de Duke aux Etats Unis travaille sur des microprocesseurs dédiés à l’analyse du réel. De même qu’il y a dans nos ordinateurs des processeurs dédiés à l’affichage graphique par exemple, cette équipe va commencer à construire des processeurs spécialisés dans l’analyse du réel pour produire les mouvements des robots. Ils ont déjà des temps de traitement 10 000 fois plus rapides qu’un logiciel dans un processeur classique, et consomment trente fois moins d’énergie pour les mêmes opérations. Ainsi, il semble se profiler que des processeurs dédiés à des tâches précises vont s’intégrer dans le corps des robots, plutôt qu’une « intelligence centrale » qui gère absolument tout. Un peu comme dans nos corps, finalement...

Lire l’article « Real-time robot-motion planning » (en anglais) sur le site Kurzweil news.

Rue 89 : « Demain, un algorithme remplacera votre conseiller Pôle emploi »

16 juin 2016.

Ce titre pourrait faire sourire. Mais Olivier Ertzscheid, l’auteur de cet article, démontre par A + B que, du fait de la possession des données en temps réel sur les emplois par des organismes privés (Microsoft a racheté Linkedin le 13 juin 2016 pour 26 milliards de dollars, soit un prix de 50$ pour chacun des 400 millions de contacts), demain c’est à partir de cette base de données que les offres d’emploi et leur gestion circuleront, puisque c’est la base de données la plus pertinente. Ces informations échappent complètement aux États, qui vont donc perdre à brève échéance le pouvoir de gérer l’emploi sur leurs propres territoires. Ainsi, l’organisation même du travail humain sera aux mains d’algorithmes.

Lire l’article « Demain, un algorithme remplacera votre conseiller Pôle emploi » sur le site de Rue 89.

Le Monde : « Une intelligence artificielle écrit le scénario d’un court-métrage »

10 juin 2016.

Des chercheurs construisent des intelligences artificielles créatives. Pour le moment, cela produit plutôt des « moyennes » nourries de multiples références, sans véritable sens, mais ce n’est que le début.

Lire l’article « Une intelligence artificielle écrit le scénario d’un court-métrage » sur le site du Monde.

Le Monde : « Pourquoi Google a conçu un « bouton rouge » pour désactiver des intelligences artificielles »

7 juin 2016.

Les chercheurs de « Deep Mind » chez Google travaillent sur la possibilité d’arrêter le fonctionnement d’une intelligence artificielle. Ce qui n’est pas si simple, car les intelligences artificielles apprenant par elles-mêmes, elles pourraient faire en sorte de ne pas pouvoir être débranchées, ou de faire semblant de l’avoir été.

Cela semble absurde, « on peut débrancher une machine » !! Facile à dire, mais si cette machine est ce qui fait fonctionner toutes les infrastructures d’une ville, d’un pays, des feux de route à la fabrication de l’électricité ou au bon fonctionnement du système bancaire, « débrancher la machine » reviendrait à arrêter le fonctionnement de la société, ce qui ne serait au bénéfice de personne. On va devoir donc de plus en plus négocier avec les machines...

Lire l’article « Pourquoi Google a conçu un « bouton rouge » pour désactiver des intelligences artificielles » sur le site du Monde.

Rue 89 : « Etats-Unis : un algorithme qui prédit les récidives lèse les Noirs »

24 mai 2016.

Aux Etats-Unis, l’algorithme « COMPAS » (« Correctional Offender Management Profiling Alternative Sanctions ») est l’outil majeur d’aide aux décisions judiciaires. Il évalue le risque de récidive en fonction du dossier du prévenu. Mais il stigmatise les « noirs », ne répond pas du tout à « l’objectivité » dont on voudrait qu’il soit le garant.

Lire l’article « Etats-Unis : un algorithme qui prédit les récidives lèse les Noirs » sur le site Rue 89.

Rue 89 : « Allo, Duo, Home : Google se démultiplie pour vous assister partout »

19 mai 2016.

Google, tout comme Amazon, inscrit ses intelligences artificielles le plus possible autour de nous, entre autres en lançant « Home », assistant personnel qui nous écoute en permanence chez nous, qui fait fortement penser à « Alexa » d’Amazon. Mais ils lancent aussi bien d’autres objets intelligents...

Lire l’article « Allo, Duo, Home : Google se démultiplie pour vous assister partout » sur le site de Rue 89.

Dessins : Benoît Labourdette